Depuis les dernières élections la nouvelle équipe municipale a repris à son compte et poursuivi sans les remettre en cause, tant soit peu, les projets élaborés par la précédente.
Les granvillais sont en droit de se demander de quelle réelle marge de liberté et d’initiative peut bien dispose un maire qui se présente en tant qu’homme de gauche, à moins que son prédécesseur ne fut un radical de gauche…de droite!
Ce sont, en effet, les choix et les décisions politiques et non les qualités humaines, les personnalités, qu’il importe de prendre en considération pour distinguer une politique de droite et d’une politique de gauche.
Mais au delà même de cette distinction, l’histoire nous apprend qu’il y a deux sortes d’homme politique : les uns pensent aux générations à venir et les autres à la prochaine élection… et ne prennent pas de risques.
Les uns et les autre peuvent, d’ailleurs, et aussi bien, prétendre « faire du social » et « mettre l’homme au centre de la politique ».
Cependant, l’humanisme engage une position critique sur le monde tel qu’il est et une volonté de le changer à moins de rester dans le domaine du verbalisme des promesses électorales qui n’engagent que ceux qui les écoutent.
Localement, ce monde nécessite d’autres réponses politiques que celle qui, considérant le rejet des vases d’un nouveau port en mer, voudrait faire croire que « ce qui vient de la mer, repartira à la mer » en se gardant de préciser les conséquences écologiques, le coût des rejets et qui les supportera.
D’autres réponses sont encore attendues qui situent clairement les positions de gauche et de droite : celle, par exemple, qui éviterait d’encombrer et de polluer le centre ville en menaçant le seul espace vert qui permette aux parents et grands-parents d’emmener les enfants et petits enfants voir des animaux et de passer quelques heures paisiblement au Val es Fleurs
Le projet de voie pénétrante met le maire à l’épreuve de ses déclarations concernant l’écologie et le développement durable quand il justifie ce projet en s’appuyant sur un argument à haute valeur politique : « que voulez-vous, chacun veut sa voiture ».
Force est de constater qu’il renonce, ainsi, à tout projet de changement visant à réorienter les comportements individuels et collectifs de façon à réduire peu à peu la consommation (et le rejet dans l’atmosphère ) de ce fameux carbone fossile.
Tout projet politique comporte une dimension pédagogique ; il faut, en effet, montrer du courage et des convictions pour amener les citoyens résidents habituels et les touristes de passage à admettre que chacun ne peut espérer stationner sa voiture sur le pas de sa porte ou au plus près du rivage.
Nombre de maires de gauche et de droite, également, ont pourtant réussi à convaincre leurs administrés qui leurs en ont été, à court ou moyen terme, reconnaissants pour leur vision d’avenir. A un niveau politique plus élevé les mêmes choix politiques opposent, à gauche, les partisans du ferroutage et ceux qui n’osent pas affronter le lobby des transporteurs et se situent à droite.
A partir de l’examen des choix qui viennent d’être évoqués, on comprend ce que recouvrent les arguments visant le sectarisme et l’archaïsme de l’opposition de gauche accusée d’être « contre-tout » dès lors qu’elle exprime démocratiquement ses critiques, fait valoir des contre-projets, rappelle la majorité municipale à la légalité…avant que les tribunaux administratifs ne le fassent trop fréquemment pour la réputation administrative de la ville.
L’utilisation constante de ces arguments signale une conception particulière de la démocratie : celle-ci voudrait que, dès lors qu’une majorité a été désignée par le peuple, la légitimité des projets du chef de cette majorité ne soit aucunement débattue et contestée par un quelconque exercice d’une démocratie locale suscitant l’intérêt des citoyens pour la vie publique dans la cité. Selon cette conception d’une démocratie autoritaire bien dans « l’air du temps », il n’y aurait, parmi des élus de l’opposition, ni personnes intègres, compétentes, intelligentes soucieuses de l’intérêt général et du bien commun…sauf s’ils se rallient à la majorité.
La stratégie du discrédit vise à dépolitiser les débats en détourner l’attention d’une politique qui poursuit intégralement et résolument des projets élaborés par la précédente municipalité pour la plus grande satisfaction d’une droite heureuse de voir réalisés en grande partie ses objectifs politiques… en attendant son heure
Un radical…de radoub !