Publié par : granvilleagauche | janvier 5, 2009

La situation de l’hopital public concerne tous les citoyens

Danièle Jourdain Menninger à Granville, le 28 décembre 2009

Conseillère municipale Hôtel de Ville 50400 GRANVILLE

à Docteur Ph.BUSSON Centre hospitalier Avranches-Granville Service de médecine

BP 338 50 303 AVRANCHES CEDEX

Docteur,

Votre courrier du 1er décembre 2008 m’est parvenu en Mairie. J’ai bien noté que cette missive, dont l’en tête donne à croire qu’elle est collective, n’est signée que par vous…

Vous semblez regretter que l’opposition s’exprime dans la presse au sujet des difficultés de l’établissement hospitalier au sein duquel vous exercez. Mais avez-vous formulé des regrets similaires quand vos amis de la majorité de conseil municipal, et en premier lieu le maire de Granville et l’adjointe chargée des affaires sociales, ont exclu l’opposition municipale du conseil d’administration de l’hôpital ?

Vous semblez regretter qu’en 2001, les décisions de Bernard Kouchner et d’Elisabeth Guigou aient permis de préserver l’activité du site hospitalier de Granville et d’en renforcer les moyens. Vous deviez être bien isolé à cette époque, car ayant pour ce qui me concerne toujours eu la volonté qu’il n’y ait pas de « domaine réservé », j’avais associé en 2001 vos confrères à plusieurs réunions de travail, à Granville et au ministère de la santé, pour préparer ces décisions.

Vous ne deviez pas être des leurs lorsqu’ils avaient déclaré, lors d’une rencontre en 2004 avec Elisabeth Guigou, que sans mon intervention, ils ne seraient pas là pour évoquer avec cette ancienne ministre de la santé la situation de l’hôpital. Mais peut-être les problématiques Granvillaises vous échappent-elles ?

Je n’ai pas oublié non plus qu’en 2001 vos amis Marc Verdier, et Daniel Caruhel, soutenaient cette option du renforcement du site de Granville. Ils auraient donc, une fois de plus, changé d’opinion ?

Il s’agit sans doute de ces « hommes de compromis » que vous appelez de vos vœux pour prendre en vase clos des décisions qui intéressent tous les citoyens, et dont les cotisations sociales sont la base de vos émoluments.

Sur ce point, pour nous, hommes et femmes membres de l’opposition de gauche, engagés dans l’action politique avec tout ce qu’elle comporte de valeurs citoyennes. Nous savons que du compromis à la compromission, il n’y a qu’un pas, que nous ne franchirons pas.

Sur le fond du dossier, je crois comprendre que vous vous exprimez en tant que médecin : en ce qui me concerne, jamais je ne me suis autorisée à porter quelque jugement que ce soit sur vos actes médicaux, ou vos qualifications professionnelles. Comme vous, j’exerce une profession, mais dans un grand corps de l’Etat, qui, vous le savez peut-être, réunit en matière de santé publique et dans le domaine de la gestion hospitalière notamment, une expertise de haut niveau difficilement contestable. Je pense donc être aussi qualifiée que vous, de par ma formation initiale, mon expérience et mes fonctions actuelles, pour analyser la situation d’un établissement hospitalier. Dès lors, votre « invitation « à me faire connaître le fonctionnement d’un hôpital ne révèle que mieux une ironie malveillante que j’ai bien relevé.

Mais à la lecture de votre missive, je vois que sur le plan de la sémantique, vous semblez avoir quelques difficultés à cerner le mot idéologie, que vous brandissez à tout propos. Sachez que si nous nous étions placés sur le terrain de l’idéologie, nous aurions évoqué la défense du service public, la solidarité républicaine et l’égalité des femmes et des hommes dans l’accès au système de santé et aux soins et bien sûr la justice et la démocratie. Or je n’ai trouvé dans votre courrier aucune référence à ces grands principes qui doivent être la référence d’une politique de santé.

Contrairement à ce que vous insinuez, nous nous sommes placés avec mes collègues de l’opposition sur le strict plan de l’analyse technique : comme le déficit des comptes, ou la réalité des services proposés ; ou les conséquences de la tarification à l’activité. C’est d’ailleurs bien la politique ministérielle qui est en cause : un service hospitalier fort est attendu par la population, mais comment l’assurer par une politique libérale de tarification à l’activité qui condamne les établissements de santé à ce déficit chronique auquel vous vous résignez si bien ?

Vous paraissez avoir une curieuse conception de la vie citoyenne, qui montre bien que votre missive, sans doute inspirée par d’arrières- pensées politiques, ne vise qu’à faire entériner des choix qui, sous couvert « d’évolution de la société et d’impératifs d’action ministérielle », ne visent qu’à démanteler le système public de santé auquel la majorité des citoyens est attachée au profit d’une logique corporatiste et mercantile.

J’ai bien compris que ce qui vous irrite le plus, c’est que l’opposition puisse s’exprimer, malgré les baillons divers qui lui sont appliqués. Surtout si cette expression vous dérange. Pour ma part, je continuerai à exercer mon mandat d’élue de l’opposition, en fonction de la voie d’expression que je jugerai la plus adapté afin d’informer les citoyens, qui suis aussi des contribuables et des contributeurs au fonctionnement du système de santé, même si cela doit s’opposer à votre conception idéologique et politicienne de la démocratie.

Veuillez agréer, Docteur, l’expression de mes salutations distinguées.

Danièle JOURDAIN MENNINGER

Conseillère municipale

lettre-ch-p1-dec-081

lettre-ch-p2-dec-08

numeriser0009


Réponses

  1. [...] La situation de l’hopital public concerne tous les citoyens [...]

  2. très bien !

    pour Danielle : peut-être remplacer “qui suis” par “qui sont” dans la dernière phrase.

    Rien à redire pour le fond.

    meilleurs Voeux à toutes & à tous pour cette nouvelle année.

  3. Si je peux me permettre de porter un jugement:très bonne réponse!!!

    Meilleurs voeux à toutes et tous malgré une année qui s’annonce en tous domaines très sombre.

  4. C’est vraiment dommage que parmi les représentants du conseil municipal au conseil d’administration de l’höpital il n’y ait pas de membre de l’opposition. C’est une position sectaire car cela ne permet pas d’associer l’ensemble de la population de la ville à la réflexion sur l’avenir d’un équipement essentiel pour tous les citoyens. Et c’est bien regrettable. S’il faut rappeler que cet équipement n’est en aucun cas géré par la municipalité, néanmoins la participation au conseil d’administration permet le débat et donc l’intégration des citoyens dans une délibération qui doit tenir compte de leurs besoins réels.

  5. oui … Guillaume a raison :
    c’est fort dommage que le maire ait refusé à l’opposition d’etre représentée à l’hopital :
    c’est choquant pour la démocratie …
    et négatif pour un débat réel efficace !

  6. J’ai déjà félicité Danièle de sa réponse fort bien argumentée… rien à ajouter !
    En revanche j’ajouterais des remarques sur l’article de la ML (tardivement) :
    1- Peut-être présomptueux ce maire qui peut faire le point sur “l’état de santé” (est-ce vraiment un bon mot!) de l’hôpital : il outre-passerait ses compétences…
    2- “baisse d’activité de l’ordre de 2,4 %” : sur quelle base est calculée cette activité, sur la tarification ? dans ce cas il faudrait analysé le case-mix (éventail des cas traités) pour savoir si des activités moins “rentables” ont été enregistrées. Et ne serait-il pas plus juste de s’interroger sur la satisfaction des besoins en santé de la population du territoire… si ses besoins ont diminués, pourquoi vouloir que l’activité de l’hôpital augmente ?
    3- Cette interrogation pourrait peut-être permettre de ne pas écrire des âneries à propos des causes
    4- J’aurais pu apprendre dans cet article ce qu’est une tutelle de l’ARH sur un établissement hospitalier public qu’elle contrôle déjà ! ET ce que peut être un “renouvellement de sa confiance”. Serait-ce à l’endroit de Mr Le Berre lui même, le directeur ?
    5- Pour diminuer les coûts, on emploie les euphémismes habituels :”cahier des charges précis”, “restructuration” et un terme un peu plus précis “resserrement des équipes” pour dire que la politique libérale non voulue parait-il dans la lettre du Dr Ph.Busson serait appliquée au détriment du service public qui ne pourra plus satisfaire les besoins…
    6- La meilleure information, c’est le gain que l’hopital va faire -un gain de 1 800 000 euros- en implantant un service de suite (confié au privé car le privé gère beaucoup mieux, c’est bien connu, en utilisant bien mieux la T2A et les diagnostics rentables) mais aussi (soyons justes) en restructutant la médecine…
    7- J’arrête mes litanies qui pourraient laisser penser que je crache dans la soupe… mais non, simplement je crois que la santé doit être un service pour s’occuper de tous et des plus faibles, pas des plus rentables…


Répondre

Votre réponse :

Catégories